AGACEMENTS

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REVEIL TARDIF ET LARMES DE CROCODILE

Salut mes canards,

 

Est-ce l’agitation de la rentrée ou bien la fraîcheur matinale annonciatrice de l’automne désormais à nos portes, mais la France se réveille, du moins ses élites élues et auto-proclamées.

La semaine dernière, la photo d’un enfant mort noyé, la tronche dans le sable d’une plage turque choque le monde entier et éveille les consciences sur les horreurs de la guerre et son cortège d’infamies. Les réseaux sociaux comme on les appelle, s’en saisissent et chacun y va de son commentaire alarmé, attristé, apeuré, a…ce que vous voudrez.

En France, la presse, unanime, boycotte l’image au nom du respect de la personne humaine, du droit à l’image ou de je ne sais quel artifice dignitaire bienpensant… faut pas choquer Simone et Marcel confortablement installés au coin de la télé.

Manque de bol, la France est seule dans son coin. La belle patrie des droits de l’homme, donneuse de leçons à ses heures reste coi. Pas longtemps, certes, mais juste ce qu’il faut pour se distinguer. Notre Fromage national prend alors la parole du haut de son petit pouvoir et chope au passage la main d’Angie la teutonne pour s’en aller pleurer sur la désespérance humaine. Rattrapés par l’histoire qui s’écrit sous leurs yeux, les voilà débordants de larmes et de bonnes intentions, la main sur le cœur prêts à  accueillir le raz de marée de ceux qu’ils nomment « migrants » du bout des lèvres comme on crache sa dégoûtation.

Quatre ans après le début des hostilités en Syrie, un peu moins pour  le débarquement des masses sur les plages italiennes, voilà que la France et l’Europe à quelques exceptions près se découvrent une vocation humanitaire. Le coup n’est pas mal joué mais la ficèle un peu grosse.

N’en doutons pas, ce n’est pas par pur altruisme humanitaire que nous ouvrons nos cœurs et nos frontières, mais par le truchement d’une première page numérique qui a fait le tour du monde. C’est un scoop énorme : les gens fuient la guerre. Nous avons connu le phénomène en 1940 mais les gens d’alors avaient le bon goût de ne pas sortir des frontières. Pas de bol, les moyens d’aujourd’hui permettent une telle migration et voilà-t-il pas que nos décideurs se trouvent coincés entre demandes d’asiles en nombre et peuple conservateur à légère tendance cocardière :  « Si j’ouvre mes frontières, je risque de perdre les élections, si je les ferme, l’opprobre est sur moi ». Dilemme terrible qui trouve son dénouement dans l’échouage d’un gamin mort sur les plages d’Orient. Il fallait une clé pour ouvrir les portes de l’Europe, la voici livrée sur un plateau.

Ce qui est étonnant dans cette triste histoire, c’est que tout a basculé sur une image. Pourquoi celle-là ? D’autres gamins sont morts depuis toutes ces années, engloutis par les flots, probablement dévorés par les prédateurs marins. Mais ces drames n’éclaboussent personne, les noyés le sont au large, loin des caméras. Les femmes et les enfants d’abord, les requins n’auront plus faim après. La mer nous livre les restes.

Si maintenant les frontières s’ouvrent pour accueillir les réfugiés, les problèmes de conscience tombent également. Il n’est plus question de se boucher le nez à la simple évocation du nom du dirigeant syrien, les rafales français bombarderont daech en Syrie.

Il faut peu de choses pour retourner les situations.

Peu et beaucoup à la fois.

A+



09/09/2015
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