AGACEMENTS

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L'ENFER ET SON CHEMIN DE BONNES INTENTIONS

Salut mes Canards,

 

Alors, on a été gentil cette année ?

On a fait tout plein de bonnes actions ?

On se prépare à recevoir tout plein de "joulis cadôôôs" de la part du gros nain rouge ?

 

Et oui, c'est le début des festivités de fin de l'année avec son cortège de bonnes intentions dégoulinantes de sucre, de pensées compatissantes pour ceux qui souffrent avant d'absorber jusqu'à la limite de l'étouffement des quantités astronomiques de nourriture afin de peaufiner la survenance de l'infarctus tellement à la mode dans nos sociétés occidentales.

Ce moment de l'année est codifié, point de place pour la libre pensée, la rébellion face à la tradition, mais bon, ça ne fait pas tant de mal que cela de se retrouver en famille, alors je la mettrai en veilleuse, du moins pour le moment, sur ce sujet. Promis, un autre jour,  je me lâcherai sur "la magie de Noël".

 

En revanche, il est de bon ton sous nos latitudes de céder volontiers aux chimères bien-pensantes de nos élites autoproclamées. Sous couvert d'ouverture à l'autre, de démocratie, de liberté d'expression, de bienséance codifiée, il est malvenu de sortir des voies tracées et d'oser afficher un point de vue un tant soi peu différent sur l'évolution des nos mœurs, de notre société sous peine d'être frappé d'anathèmes par lesdites élites avec le relai complaisant de nos médias préférés. "Tu peux t'exprimer autant que tu le souhaites, mais s'il te plait, dans le cadre que je te fixe".

Comble ! Les défenseurs affichés de la liberté d'expression sont les censeurs de la pensée des dissidents. Voltaire doit se retourner dans sa tombe. Rappelons aux ignorants (ce n'est pas un jugement de valeur) cette citation apocryphe qui lui est attribuée : "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire".

 

Force est de constater que nous sommes aujourd'hui très loin du compte. J'en veux pour preuve le récent acharnement médiatico-politique dont le chroniqueur Eric ZEMMOUR fait l'objet en ce moment au sujet du contenu d'une interview qu'il a donnée à une feuille de choux italienne à l'occasion de la sortie de son dernier livre "LE SUICIDE FRANCAIS" . Il y décortique son point de vue, le mécanisme d'autodestruction programmée de notre pays tirant à boulets rouge au passage sur les codes tacites de notre société endormie. C'est sa vue, son opinion, la réflexion est argumentée et ne plait pas forcément à tout le monde. Toute les vérités ne sont pas bonnes à entendre en tout cas pour les élites de gauche, celles de droite restant dans une réserve prudente, n'osant afficher leur sympathie voire leur approbation de peur de s'attirer les foudres d'en face.

Depuis peu, certains, dont Michel ONFRAY pourtant gaucho revendiqué, osent sortir du bois et apporter leur soutien sinon à la pensée, au moins à l'homme qui tente de s'exprimer librement. Il sont rares et leur parole peu diffusée de peur de faire naître un début de sens critique au peuple broutant.

 

Lentement, notre pays sombre dans un totalitarisme de la pensée unique, celle qui est dictée par ceux-là même qui prétendent défendre les droits de l'homme, étrange paradoxe. La liberté d'expression c'est laisser la place à toutes les idées, n'en déplaise aux droit-de-l'hommistes hystériques, même les plus abjectes, cet adjectif étant tout à fait subjectif, .

A trop vouloir museler certains courants de pensée,  on en crée de la frustration, du ressentiment, de la haine, de l'exclusion et finalement, je le crains, la guerre civile avec son cortège d'horreurs, effets de balancier oblige.

Oh ! j'entends déjà les clameurs de haine, les colleurs d'étiquettes accourir. Arrêtez-vous là imbéciles programmés : je nourris la même détestation pour les révolutionnaires rouges que pour les boutures des ordres noirs nostalgiques des années 30. Je trouve plus intelligent de les laisser s'exprimer pour mieux les identifier et les combattre que de les museler et ne leur laisser que la violence aveugle pour seul moyen d'expression. 

ZEMMOUR a un mérite, celui de tenter de porter un regard objectif et de tirer un signal d'alarme avant que le chaos n'emporte ce pays.

De Voltaire, encore lui, à méditer : « En général, il est de droit naturel de se servir de sa plume comme de sa langue, à ses périls, risques et fortune. Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé, je n’en connais point qui aient fait de mal réel. […] Mais paraît-il parmi vous quelque livre nouveau dont les idées choquent un peu les vôtres (supposé que vous ayez des idées), ou dont l’auteur soit d’un parti contraire à votre faction, ou, qui pis est, dont l’auteur ne soit d’aucun parti : alors vous criez au feu ; c’est un bruit, un scandale, un vacarme universel dans votre petit coin de terre. Voilà un homme abominable, qui a imprimé que si nous n’avions point de mains, nous ne pourrions faire des bas ni des souliers : quel blasphème ! Les dévotes crient, les docteurs fourrés s’assemblent, les alarmes se multiplient de collège en collège, de maison en maison ; des corps entiers sont en mouvement et pourquoi ? Pour cinq ou six pages dont il n’est plus question au bout de trois mois. Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il, ne le lisez pas. »

A+



24/12/2014
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